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dimanche 23 juin 2013

Sandy, oh Sandy...



Je crois bien que tous les blogueurs survivalistes ont fait ou feront un article sur Sandy, l'ouragan qui a notamment frappé aux États-Unis plusieurs États dont celui de New York et du New Jersey.

Puisque ça fait déjà quelques semaines que l'ouragan a frappé, nous sommes en mesure de prendre un peu de recul.


Ampleur et localisation

D'abord ce qui distinguait Sandy des autres ouragans annuels, ce sont deux choses.

Sandy couvrait une vaste étendue de km2
La première c'est l'ampleur. 

Sandy n'était pas l'ouragan le plus puissant recensé, on en a déjà vu de bien plus puissants. Mais Sandy avait beaucoup d'ampleur.

Cette ampleur était telle qu'à un moment toute la Côte Est des USA ainsi que le sud de l'Ontario, le sud du Québec et les provinces maritimes étaient couverts de nuages et balayés par de forts vents.

La seconde particularité de cet ouragan surnommé Frankenstorm, en référence de son caractère "monstrueux", c'est qu'il a frappé de plein fouet une capitale mondiale culturelle et financière, New York.

Bien sûr une ville telle que New York, construite sous des normes de construction très élevées, n'a pas été détruite ou ravagée de destructions. 

Toutefois la nature même d'une ville comme New York, à savoir :
  • une grande densité urbaine, 
  • un réseau de métro, 
  • des besoins énormes d'énergie électrique, 
  • une grande dépendance du réseau routier pour les approvisionnements,
  • l'accès à la ville passe obligatoirement par des ponts ou des tunnels
pouvait transformer rapidement ce grave évènement naturel en une terrible catastrophe.


Précisons au passage que bien que l'attention ait été concentrée sur New York et la Côte Est, Sandy a causé bien plus de dommages dans les Antilles.

En Haïti où on a dénombré plusieurs dizaines de morts, des cultures détruites, des bâtiments effondrés ou lourdement endommagés.

Les autres îles des Antilles ont aussi été affectées mais jamais autant qu'Haïti, pays qu'on doit malheureusement qualifier de dysfonctionnel politiquement et économiquement et dont les infrastructures sont ravagées, ce qui amplifie l'effet de la moindre perturbation.


Effets sur New York

D'abord, un des effets qui suscite un petit sourire, ce sont les stations spontanées de recharge de téléphones et d'appareils portables!

En effet une bonne partie de la ville était en black out, sans courant électrique et avec peu de moyens d'en produire.

Le résultat immédiat était que dès que la situation s'est améliorée et que le danger de sortir dans les rues s'était résorbé, un tas de gens se sont retrouvés sans téléphone filaire et avec une batterie de portable morte.

Morte pour deux raisons: soit que l'appareil n'était pas à sa pleine charge avant l'arrivée de l'ouragan, soit que pour tromper l'angoisse ou l'isolement causés par la tempête, les gens ont tellement communiqué avec leurs portables qu'ils en ont épuisés l'énergie qu'ils contenaient.

Citons au passage la grande utilité des réchauds Biolite qui ont été mis à contribution pour recharger ces appareils portables! J'en ai d'ailleurs un en commande et j'en ferai l'évaluation prochainement.

Quoiqu'il en soit, le besoin de communiquer avec des proches ou même les autorités lors des perturbations de la réalité usuelle est extrêmement pressant. 

Même si ça ne change rien à la situation matérielle du moment, communiquer la rend moins anxiogène et plus supportable.

Au delà de l'anecdote, Sandy a eu des effets majeurs sur la ville. 

D'abord, quelques faits.

À un certain moment, 8,5 millions de personnes étaient sans électricité.  

106 personnes sont mortes dont 41 dans la seule ville de New York.

Une semaine après l'évènement le système de transport n'était toujours pas rétabli à pleine capacité. beaucoup de gens ne pouvaient toujours pas aller travailler faute de locaux capables de les accueillir.

L'essence a été rationnée plusieurs jours notamment au New Jersey, l'État qui fait face à la ville de New York et c'était très difficile d'en trouver à New York City, évidemment.

Les supermarchés ont littéralement été vidés de leurs stocks dans une bonne partie de la Côte Est bien avant l'arrivée de la tempête.

Après le passage de Frankestorm, il a fallu beaucoup de temps avant que les marchés soient réapprovisionnés, parce que les infrastructures routières étaient atteinte, parce que les fournisseurs avaient eux-même perdu des stocks de nourriture par inondation ou perte d'électricité, parce les supermarchés devaient être nettoyés et leur filage électrique inspecté et/ou réparé.

Le résultat c'est que ceux qui n'avaient pas stocké 72 heures de vivres et d'eau, se sont retrouvés à faire les containers de déchets alimentaires.

Les gouvernements aux USA recommandent à toute la population de stocker des vivres d'urgence pour 72 heures ainsi qu'une quantité suffisante d'eau.

Or 72 heures après le passage de Sandy, la situation n'était toujours pas revenue à la normale. En fait après des catastrophes naturelles la situation ne revient jamais à la normale dans les 72 heures de l'évènement. 

Les secours, notamment la FEMA et les organisations locales de sécurité civile, la Croix-Rouge, les organisations caritatives religieuses, ne pouvaient porter assistance à tout le monde.

La même chose se produit à chaque perturbation du genre et le pays le plus puissant du monde, avec des moyens mécanisés sans pareils, une armée comptant énormément de personnel ET des gardes nationaux (des réservistes au service des États, pas du gouvernement fédéral), en abondance, ne peut PAS porter secours à sa propre population sur son propre territoire et dans une zone sinistrée contiguë aux zones épargnées ou intactes.

Oui les gens devraient apprendre et faire des stocks pour une semaine d'autonomie, minimalement. Mais de leur côté les autorités devraient dire la vérité aux gens: "nous ne sommes pas capable de vous porter assistance rapidement et de vous protéger: you're on your own"...

Effets au Québec

Quelle épreuve!!! Ouf!

Non sérieusement, il n'y a eu aucun dommage, aucun dégât notable et aucune perte de vie.

Quelques heures après que Sandy ait frappé New York avec le maximum de force, nous avons subi des vents très violents par rafales de 70 à 90 km/h selon les endroits.

Les pluies n'étaient même pas diluviennes. Nous connaissons au Québec, depuis une douzaine d'années, des pluies de type tropicales alors qu'avant elles étaient rarissimes. Eh bien les pluies de Sandy étaient moins intenses que les pluies d'été.

Oh bien sûr ça aurait pu frapper plus fort. Le Québec n'est pas préparé spécifiquement aux ouragans, géographie oblige. Néanmoins, malgré le faible risque de dommages et l'absence de réel danger majeur, les autorités et la Sécurité Civile étaient en alerte.

Nous avons manqué très temporairement d'électricité et la plus grave conséquence, c'est la peur de mon aînée causée par le bruit du vent. Un article est en élaboration sur le sujet des enfants, d'ailleurs.

Épilogue

Bien sûr ce n'était qu'un survol de ce qu'ont été les conséquences de Sandy. On pourrait rédiger des thèses multiples sur la situation et nul doute que les autorités sont en train d'analyser toutes les données.

Le fait est que dans le cas de Sandy comme dans tous les cas de catastrophes naturelles prévisibles ou anticipées, les autorités peinent à livrer la marchandise et à assister la population dans les délais qu'elles prescrivent elles-mêmes: 72 heures.

72 heures ne suffisent pratiquement jamais aux organisations gouvernementales et non-gouvernementales pour porter assistance aux gens dans le besoin.

Qu'on se le dise et qu'on se prépare en conséquence.


 lien internet : http://preparationquebec.blogspot.fr/2012/11/sandy-oh-sandy.html

 

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