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jeudi 26 mars 2020

Le thym détruit les infections de la gorge, la grippe, combat les infections respiratoires et bien plus encore


Le thym détruit les infections de la gorge

Surnommé par certains "l'enemmi de la toxine" , le thym fait l’objet de légendes qui remontent à la Grèce Antique. Ainsi, il serait, selon de vieilles croyances, né des larmes de la belle Hélène de Troie, dont l’amour interdit a déclenché une guerre désormais gravée dans l’histoire. Mais au-delà de la légende, le thym est avant tout une herbe vastement utilisée en cuisine. Et contrairement aux origines mythologiques qu’on lui prête, ses vertus pour la santé sont quant à elles, scientifiquement documentées. Zoom sur les bienfaits du roi des lamiacées.
1.Anti-infectieux
2.Anti-inflammatoire
3.Antimicrobien
4.Antiviral
5.Décongestionnant
Mises-en garde

Réputé pour ses nombreuses vertus thérapeutiques, le thym a su se hisser au rang d’indispensable de nos cuisines. Toux, grippe, ou affections respiratoires, le Thymus vulgaris a plus d’un tour dans son sac pour soulager les affections du quotidien. Son utilisation traditionnelle est d’ailleurs reconnue par l’OMS ainsi que par la Coopérative scientifique européenne de phytothérapie (ESCOP), sans oublier que ce dernier est inscrit sur le registre des plantes médicinales de la pharmacopée française. Et pour cause, sous forme d’huile essentielle, en infusion ou en application externe, il dispose d’une pléthore de bienfaits. Passons-les en revue.
Le thym détruit les infections de la gorge

Si le thym se distingue comme un allié santé considérable, c’est en partie grâce à ses vertus anti-infectieuses et antiseptiques. Dans le cadre d’une étude, son utilisation sous forme d’huile essentielle aurait démontré une action considérable contre 120 souches de bactéries issues de patients souffrant d’infections buccales, respiratoires et d’infections génito-urinaires. Consommer du thym sous forme de tisane ou tout simplement le saupoudrer sur vos plats et salades, serait utile pour profiter de ses bienfaits.

Antioxydant et anti-inflammatoire, le thym doit ses vertus à un composé phénolique: le thymol. Selon les chercheurs, ce dernier serait à même de soulager l’asthme en ciblant les radicaux libres responsables de l’inflammation. Jean-Louis Brazier, pharmacologue conseille l’inhalation de thym pour dégager les voies respiratoires. L’idéal est de faire bouillir de l’eau et de la verser dans un bol en y ajoutant 2 cuillères à soupe de thym. Il faudra ensuite pencher la tête au-dessus du récipient en veillant à la couvrir d’une serviette, puis respirer doucement pendant quelques minutes.

Sous forme de tisane, le thym apporterait un soulagement considérable en cas d’inflammation oropharyngée. Sans oublier sa capacité à stimuler l’immunité pour combattre certaines pathologies. Pour une action efficace, vous pouvez le consommer sous forme de tisane, à raison de 3 fois par jour. Il peut être utile d’y ajouter du miel d’eucalyptus aux propriétés expectorantes ou du jus de citron pour ses propriétés antiseptiques.
Le thym détruit les infections de la gorge

En inhalation et sous forme d’huile essentielle, le thym s’avère particulièrement utile pour combattre les symptômes de la grippe. Selon une étude publiée par The American Journal of Essential Oils and Natural Products, l’aromate serait doté de propriétés antivirales utiles pour lutter contre la maladie sans porter atteinte aux cellules épithéliales. Les scientifiques suggèrent également une action efficace contre l’hémagglutinine, une protéine à la surface de la grippe, responsable de sa fixation sur la cellule cible.

Considéré comme un décongestionnant redoutable, le thym s’avère utile pour un grand nombre de pathologies. Selon Thierry Thévenin, producteur herboriste et le Dr Laurent Chevallier, nutritionniste, sa consommation sous forme de tisane serait particulièrement utile pour les voies respiratoires. Un avis partagé par Christelle Lassort, naturopathe et thérapeute en médecines alternatives qui rappelle que le thym « agit sur beaucoup de maladies ORL et respiratoires”. Ce dernier serait doté de vertus expectorantes favorisant le rejet. Un atout de taille en cas de rhume, de toux et d’asthme.
La pharmacienne Christine Cieur-Tranquart conseille d’associer ses vertus antitussives, antivirales et antiseptiques à une plante anti-inflammatoire et émolliente en cas de toux infectieuse ou virale.

L’utilisation du thym est déconseillée aux personnes sous traitement anticoagulant ou en cas de grossesse. À savoir qu’il ne doit pas être consommé sur une durée excédant 3 semaines au risque d’entraîner des dérèglements, des irritations ou de l’hypertension.

dimanche 4 mai 2014

Saule blanc

Saule blanc


Noms communs : saule, saule blanc, écorce de saule, salicine.
Noms botaniques : salix alba, Salix purpurea, Salix fragilis, etc, famille des salicacées.
Noms anglais : willow, white willow, willow bark.

Partie utilisée : 

Ecorce des jeunes branches de deux ou trois ans, récoltée au printemps.

Habitat et origine : 

Originaires d'Asie, d'Europe et d'Amérique du Nord, les diverses espèces de saules, qu'elles soient arbustives ou arborescentes, préfèrent un climat relativement froid et un sol bien irrigué. Elles colonisent volontiers les rives des rivières et ruisseaux ou les terres basses, régulièrement inondées.

Indications

Soulager les douleurs lombaires.

Soulager les douleurs causées par l’arthrose.

Faire baisser la fièvre; soulager les douleurs rhumatismales et le mal de tête.

Soulager la douleur causée par l'arthrose, les rhumatismes, la bursite, la tendinite, le mal de tête, la dysménorrhée.

Posologie du saule blanc

Étant donné que la teneur en salicine peut varier considérablement d'un produit à l'autre, on recommande généralement d'utiliser un extrait normalisé indiquant la teneur en salicine de chaque dose.

Pour tous les usages mentionnés ci-dessus

Écorce séchée. Verser de 2 g à 3 g d'écorce dans 150 ml à 250 ml d'eau froide, porter à ébullition et laisser mijoter durant 5 minutes. Boire de trois à quatre tasses par jour.
Extrait fluide (1:1). Prendre de 1 ml à 2 ml, trois fois par jour.
Teinture (1:5). Prendre de 5 ml à 8 ml, trois fois par jour
Extrait normalisé en salicine. Prendre 60 mg de salicine, d’une à quatre fois par jour. Au cours des essais cliniques rapportés ici, les meilleurs résultats pour soulager la douleur ont été obtenus avec des dosages quotidiens de 240 mg de salicine.
Enfants. Donner l'équivalent de 30 mg à 60 mg de salicine par jour aux enfants de 4 ans à 10 ans et de 60 mg à 120 mg aux jeunes de 10 ans à 16 ans.

Historique du saule blanc

L'utilisation de l'écorce de saule a traversé les siècles et les civilisations. Environ 500 ans avant notre ère, les Chinois en connaissaient les propriétés fébrifuges et analgésiques. Les anciens Grecs l'utilisaient également pour faire baisser la fièvre et soulager la douleur, et son usage était répandu dans l'Europe du Moyen Âge, entre autres choses, pour arrêter les vomissements, éliminer les verrues et réduire la libido. De la Floride à l'Alaska, l'écorce de saule a été et est encore abondamment employée par les Amérindiens comme antidouleur et comme fébrifuge.

En 1828, un pharmacien français du nom de Leroux isolait la salicine de l'écorce de saule, qu'il reconnut être la substance active principale de la plante. On découvrit alors que l'organisme transformait la salicine en acide salicylique, qui a des propriétés analgésiques et fébrifuges. Le professeur italien Rafaele Piria fut le premier à produire de l'acide salicylique pur à partir de l'écorce de saule. Un chimiste allemand, du nom de Kolbe, fut le premier à synthétiser l'acide salicyliqueen 1860.

Enfin, vers la toute fin du XIXe siècle, un autre chimiste allemand du nom de Hoffman, travaillant chez Bayer, synthétisait l'acide acétylsalicylique à partir d'une spirée (Spiraea ulmaria), d'où le nomAspirine®. Cette dernière relégua l'écorce de saule et ses usages médicinaux aux oubliettes et projeta Bayer au firmament des sociétés pharmaceutiques.

L'acide acétylsalicylique agit plus rapidement que l'écorce de saule, mais son effet est moins prolongé et il cause des effets indésirables (irritation de la muqueuse de l'estomac et inhibition de la coagulation) que la plante ne provoque pas. Il n'en fallait pas davantage pour que l'écorce de saule réapparaisse, sous la forme de remède naturel, vers la fin du XXe siècle. Elle fait partie de la pharmacopée américaine et de celle de plusieurs pays européens. En Allemagne, elle est utilisée en pédiatrie pour faire tomber la fièvre, notamment en combinaison avec des plantes qui augmentent la sudation.

Recherches sur le saule blanc

Douleurs lombaires. Un essai à double insu portant sur 210 sujets souffrant de douleurs lombaires chroniques a été publié en 20001. Après quatre semaines, 39 % des patients ayant reçu un extrait d'écorce de saule fournissant 240 mg de salicine (Assalix®) ne ressentaient plus de douleur, par rapport à 6 % dans le groupe placebo. Une dose de 120 mg avait complètement soulagé 21 % des sujets.

En 2001, on publiait les résultats d’une étude comparative menée auprès de 228 sujets souffrant de douleurs lombaires : après quatre semaines de traitement, un extrait de saule fournissant 240 mg de salicine (Assalix®) a été aussi efficace qu'une petite dose (12,5 mg) de rofécoxib (Vioxx®) pour soulager la douleur. Il s’agissait cependant d’une étude au su, c’est-à-dire que les sujets savaient s’ils prenaient l’extrait de saule blanc ou le Vioxx®, ce qui peut fausser les résultats. Les résultats d’un suivi clinique de 15 mois visant à comparer le coût des deux traitements (451 sujets, dont 225 témoins) indiquent que 240 mg de salicine ont été efficaces pour réduire la douleur des patients, ainsi que le recours aux médicaments claissiques.

Une synthèse portant sur l’efficacité des produits naturels pour soulager les douleurs lombaires a été publiée en 20074. Les chercheurs canadiens, qui se sont penchés sur les deux essais mentionnés plus haut jugent que le saule blanc peut soulager les douleurs lombaires.

Arthrose. Au cours d’un essai à double insu, un mélange de plantes (Reumalex®) renfermant 46 % d’écorce de saule a été légèrement supérieur au placebo pour soulager les douleurs arthritiques des sujets

Au cours d’une étude de deux semaines auprès de 78 sujets souffrant d'arthrose, les chercheurs ont constaté une diminution de 14 % de la douleur chez les sujets ayant pris un extrait de saule(240 mg de salicine par jour) et une augmentation de 2 % chez ceux ayant pris le placebo

Au cours d’un essai, 127 participants souffrant d'arthrose du genou ou de la hanche ont été répartis en trois groupes. Ils ont pris, durant six semaines, soit un extrait de saule (240 mg de salicine), soit 100 mg d'un médicament anti-inflammatoire (diclofénac), soit un placebo. Le saule a été légèrement plus efficace que le placebo, mais nettement moins que le diclofénac.

Selon une étude d’observation récente (2008), l’extrait de saule est aussi efficace que des médicaments anti-inflammatoires pour réduire les douleurs de l’arthrose du genou et de la hanche8. Selon les auteurs, l’effet de l’écorce de saule serait plus lent à se faire sentir, mais est associé à moins d’effets indésirables que les traitements classiques.

Arthrite rhumatoïde. Au cours d’une étude publiée en 1996, le produit Reumalex®, qui renferme 46 % d’écorce de saule, a donné des résultats bénéfiques par rapport au placebo, mais modestes (31 sujets). Au cours d’un autre essai préliminaire mené auprès de 26 sujets souffrant d'arthrite, un extrait de saule n’a pas été plus efficace que le placebo.

La Commission E et l'ESCOP reconnaissent l'efficacité de l'écorce de saule pour faire baisser la fièvre et soulager les douleurs rhumatismales ainsi que le mal de tête.

Note. La salicine n’est qu’un des principes actifs de l’écorce de saule. La dose généralement suggérée de 240 mg par jour est très inférieure aux doses d’antidouleur habituellement fournies par les salicylates de synthèse (de 1 300 mg à 2 600 mg par jour). Plusieurs autres molécules dans l’écorce de saule, des flavonoïdes par exemple, ont un effet anti-inflammatoire qui complète l'effet de la salicine et expliquerait l’efficacité de la plante à si petit dosage

Précautions

Attention

Certaines sources conseillent d'éviter de donner de l'écorce de saule aux enfants, de peur qu'ils ne développent le syndrome de Reye, tandis que d'autres ne mentionnent pas ce risque. Bien que cette contre-indication vaille pour l'acide acétylsalicylique (Aspirine®), aucune donnée n'indique que l'écorce de saule ait eu cet effet chez un enfant. En effet, la plante est métabolisée par l'organisme de manière passablement différente de son équivalent de synthèse.

Contre-indications

Les personnes allergiques ou hypersensibles à l'acide acétylsalicylique (Aspirine®) pourraient également l'être à l'écorce de saule.

L’innocuité de l’écorce de saule chez les femmes enceintes et celles qui allaitent n’est pas établie hors de tout doute.

Effets indésirables

Théoriquement, l'écorce de saule pourrait provoquer les mêmes effets indésirables que l'acide acétylsalicylique (Aspirine®), mais les études et l'expérience cliniques indiquent qu'ils sont, en réalité, négligeables

Interactions

Avec des plantes ou des suppléments

Contrairement à l'acide acétylsalicylique (Aspirine®, par exemple), les effets antiplaquettaires de l'écorce de saule semblent trop faibles pour qu'il y ait une interaction significative avec d’autres plantes ou suppléments ayant un effet similaire

Avec des médicaments

Contrairement à l'acide acétylsalicylique (Aspirine®, par exemple), les effets antiplaquettaires de l'écorce de saule semblent trop faibles pour qu'il y ait une interaction significative entre la plante et les médicaments de synthèse ayant des effets similaires

Lien internet : Saule blanc

samedi 3 mai 2014

Ydrastis canadensis L. (Hydraste du Canada)


Ydrastis canadensis L. (Hydraste du Canada)



Hydraste du Canada, hydraste, sceau d'or. Les mots Hydrastis et « hydraste » font référence à une ressemblance superficielle avec certaines espèces du genre Hydrophyllum.
Noms anglais

Goldenseal, golden-seal, golden seal, yellow-root, orange-root, yellow puccoon, jaundiceroot, yelloweye, yellow paint, Indian turmeric, Indian dye, Indian plant, wild turmeric, tumeric root, ground raspberry, eye-root, eye-balm, warnera, Ohio curcuma, wild curcuma.

Le nom « golden seal » fait sûrement référence à la couleur jaune ou dorée du rhizome et aux dépressions en forme de coupes laissées par les tiges florifères des années antérieures, après leur chute. 

Ces cicatrices ressemblent en effet aux sceaux de cire autrefois utilisés pour cacheter les lettres.
Morphologie

L'hydraste du Canada lève tôt au printemps, à partir de bourgeons hivernants situés sur le rhizome. 

Il y a généralement deux bourgeons hivernants à la base de chaque tige. L'hydraste est une plante herbacée vivace, à poils rudes. 

Chaque tige atteint une hauteur de 20 à 50 cm et produit 1 à 3 feuilles palmatilobées pouvant atteindre 25 cm de diamètre. Les lobes, au nombre de 5 ou 7, sont doublement dentés en scie. 

L'unique fleur de chaque tige s'ouvre en avril ou mai.

Elle est peu voyante, de couleur blanc verdâtre, et possède un grand nombre d'étamines et de carpelles, ce qui est caractéristique de la famille des renonculacées. 

Le filet blanc des étamines est la partie la plus voyante de la fleur : les pétales et les sépales sont petits et tombent peu de temps après l'ouverture de la fleur. 

Les feuilles sont au contraire très apparentes. Elles sont palmées mais ressemblent aux feuilles pennées de l'hydrophylle du Canada (Hydrophyllum canadense L.).

Le fruit, ressemblant à une framboise mais jugé non comestible, a une allure particulière : il est formé d'un groupe serré de petites baies écarlates soudées à la base, qui mûrissent en juillet et août. 

En général, la tige et les feuilles meurent peu de temps après la maturité du fruit, qui renferme 10 à 30 graines de 2 à 5 mm de longueur, luisantes, brun foncé ou noires, avec une petite carène. 

La viabilité des graines est plutôt imprévisible, et il faut les garder humides pour qu'elles ne meurent pas.

Le semis se développe très lentement. 

La première année, la plupart des semis ne produisent que leur paire de cotylédons. La première feuille véritable n'apparaît que la deuxième année. 

La troisième année, la plante produit deux feuilles ainsi qu'une première fleur.

Le rhizome, horizontal ou oblique, noueux et à peu près cylindrique, mesure 4 à 7 cm de longueur et 0,5 à 2 cm d'épaisseur. 

Son odeur est forte. À l'état frais, il est brun jaune à l'extérieur, jaune vif à l'intérieur, et renferme un jus également jaune vif. Le rhizome, parfois appelé à tort « racine », produit un grand nombre de petites racines fasciculées. 

Il est souvent confondu avec le rhizome jaune d'autres végétaux, comme la savoyane (Coptis trifolia (L.) Salisb.), la xanthorhize (Xanthorhiza simplicissima Marsh.) et le stylophore à deux feuilles (Stylophorum diphyllum (Michx.) Nutt.).

Classification et répartition

Le genre Hydrastis est généralement rangé dans la famille du bouton d'or (renonculacées). Cependant comme il présente des caractères très particuliers, il est parfois érigé en une famille distincte, les hydrastidacées.

L'Hydrastis canadensis est la seule espèce du genre. La plante du nord-est de l'Asie appelée « Hydrastis jezoensis Sieb. ex Miquel »appartient sans doute à un autre genre. 

L'h. canadensis pousse à l'état indigène depuis le sud de la Nouvelle-Angleterre, le sud de l'Ontario et le sud du Wisconsin jusqu'à l'Arkansas et le nord de la Géorgie. Aux États-Unis, l'espèce a été relevée dans 27 États.

L'hydraste fait partie du cortège d'espèces ayant pour origine la grande forêt décidue qui ceinturait complètement l'hémisphère nord durant le Tertiaire, il y a 15 à 20 millions d'années. 

L'espèce la plus étroitement apparentée est d'ailleurs une plante du Japon, leGlaucidium palmatum Sieb. 

Autrefois, l'hydraste du Canada était abondant dans la partie centrale de son aire totale (zone foncée de la carte de répartition ci-dessous), c'est-à-dire en Indiana, au Kentucky, en Ohio et en Virginie-Occidentale.

Cependant, la cueillette de la plante à des fins médicinales, vers la fin des années 1800 et par la suite, a eu pour effet de décimer les populations naturelles. 

La destruction des habitats a également contribué au déclin de l'espèce. Au Canada, l'hydraste du Canada n'est présent que dans le sud de l'Ontario et est reconnu officiellement comme « espèce menacée », cotée « 
1 » (priorité la plus élevée) aux fins de protection.

Carte de répartition


Description - Figure 1
Écologie

L'hydraste pousse en colonies à l'intérieur et en périphérie des forêts décidues mésiques, ombreuses et riches de l'est de l'Amérique du Nord. 

La multiplication naturelle de la plante est assurée à la fois par la production de graines et par la fragmentation du rhizome. 

L'espèce préfère les sols loameux, riches, humides et bien drainés. 

Dans la nature, l'humidité est habituellement maintenue par un paillis naturel de feuilles mortes et de litière forestière, tandis que le drainage est assuré par la pente des flancs de colline où pousse l'hydraste. 

Le taux idéal d'ombre se situe entre 75 et 80 %.

La diminution des populations sauvages est due à l'expansion des terres agricoles, à la coupe forestière, à la construction routière et surtout à la cueillette commerciale de la plante. 

L'hydraste du Canada figure à l'Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d'extinction (CITES), qui joue un rôle important dans la lutte contre le trafic international des plantes et animaux en danger de disparition.

Usages médicinaux

C'est le rhizome qui est habituellement la source des préparations médicinales, bien qu'on cueille parfois les feuilles pour divers usages médicinaux. 

C'est pendant l'automne que la concentration d'alcaloïdes dans le rhizome atteint son maximum.

Les populations autochtones de l'est de l'Amérique du Nord utilisaient l'hydraste du Canada pour traiter divers types d'affections, en particulier celles qui nécessitaient une action antimicrobienne. 

Les affections traitées englobaient les maladies de peau, les ulcères, la gonorrhée, les affections des yeux et les cancers. 

Il semble cependant que l'hydraste n'ait pas été une plante médicinale d'importance jusqu'au milieu du 18e siècle, quand on a mis au point des techniques pour raffiner l'hydrastine et la berbérine, deux alcaloïdes de la plante. 

Il était possible d'exploiter les propriétés des alcaloïdes en préparant des composés chimiques comme le chlorhydrate d'hydrastine, un sel facilement soluble.

Entre le milieu et la fin du 18e siècle, l'hydraste était principalement utilisé pour soigner les troubles digestifs, l'inflammation des muqueuses et les maladies de la peau, mais il a rapidement acquis la réputation de tonique général. 

Les propriétés astringentes (dues à l'hydrastine, comme nous le soulignerons plus bas) agissent sur les muqueuses internes et externes, ce qui explique pourquoi on utilisait cette plante pour soigner les affections de la bouche et des gencives, les atteintes oculaires, les plaies infectées et les dermatites. 

Ces propriétés étaient considérées comme les principales vertus de l'hydraste du Canada pendant tout le 19e et au début du 20e siècle.

La médecine moderne utilise les alcaloïdes de l'hydraste pour certaines indications approuvées. 

L'hydrastine et la berbérine sont deux principes particulièrement actifs du point de vue pharmacologique, agissant sur la circulation, les fonctions utérines et le système nerveux central. 

L'hydrastine provoque la constriction des vaisseaux sanguins périphériques, abaisse la pression sanguine et stimule les muscles involontaires.

La berbérine inhibe la synthèse de l'ADN et des protéines et l'oxydation du glucose. 

Elle est utilisée pour traiter divers troubles digestifs et cutanés. 

Dernièrement, on a découvert que la berbérine était active contre les protozoaires qui sont à l'origine de la maladie de Chagas, une affection qui représente un important problème de santé en Amérique centrale et du Sud. 

Les alcaloïdes de l'hydraste ont également certaines propriétés antitumorales.

Si l'usage de cette plante est largement répandu pour traiter la diarrhée du voyageur, les toxi-infections alimentaires, la giardiase et le choléra, c'est probablement en raison de ses diverses propriétés antibiotiques (elle est efficace contre un certain nombre de protozoaires, de champignons et de bactéries).

L'hydraste est utilisé dans diverses formulations commerciales pour soigner la congestion nasale, les aphtes buccaux, les infections oculaires, la teigne, les hémorroïdes, l'acné et comme antiseptique topique. Il a la réputation de stimuler le système immunitaire. 

Comme nous l'indiquons plus bas, l'auto-médication avec des préparations à base d'hydraste est déconseillée.

Néanmoins, on trouve maintenant cette plante dans des centaines de formulations commerciales vendues par les grandes chaînes de pharmacies, les grands magasins, les dépanneurs, les magasins d'aliments naturels et les maisons de vente par correspondance. 

Il est particulièrement recherché par les personnes qui souffrent de certaines maladies chroniques, en particulier celles qui sont atteintes du sida.

Toxicité

L'usage de l'hydraste du Canada en médecine moderne est limité en raison de sa toxicité. 

Dans certains cas, il faudrait administrer des doses dangereuses pour bénéficier des effets thérapeutiques de la plante. Même l'usage externe peut causer des ulcérations.

Prise en quantité excessive par voie orale, l'hydraste du Canada peut provoquer des convulsions semblables à elles qui sont induites par la strychnine et peut entraîner la paralysie, une insuffisance respiratoire et la mort. 

L'ingestion directe de la matière végétale peut provoquer une ulcération et une inflammation des muqueuses de la bouche.

Étant donné que l'hydraste peut provoquer l'avortement spontané, son usage pendant la grossesse est formellement contre-indiqué. 

Les personnes qui souffrent de problèmes cardiaques doivent éviter l'hydraste, car il peut élever la pression sanguine.

Il s'agit d'un bon exemple de médicament qui peut devenir un poison. Ses principes actifs sont puissants et présentent des risques non négligeables, c'est pourquoi l'hydraste doit être pris sous la supervision d'un professionnel expérimenté.

L'hydraste du Canada figure dans le document de 1995 de Santé Canada parmi les plantes qui sont jugées inacceptables comme ingrédients de médicaments en vente libre pour usage humain

Composition chimique 

Hydrastis canadensis
(Hydraste du Canada)


Le rhizome de l'hydraste est l'une des sources d'hydrastine (1,5 à 4 %), de berbérine (0,5 à 6 %) et de berbérastine (2 à 3 %), alcaloïdes médicinaux, et il contient des quantités plus faibles de canadine et de certains alcaloïdes mineurs.
Usages non médicinaux

Les Amérindiens de l'est du continent utilisaient l'hydraste pour teindre les tissus et se colorer la peau. 

Utilisé seul, le jus de la plante permettait d'obtenir une teinte jaune; mêlé à l'indigo, il donnait une coloration verte. 

Les Amérindiens mélangeaient également l'hydraste à la graisse d'ours, pour obtenir une pommade insectifuge.

Culture et potentiel commercial

La grande utilisation qui était autrefois faite de l'hydraste pour la fabrication de médicaments brevetés connaît aujourd'hui une sorte de renaissance, avec la popularité croissante des aliments naturels. 

L'hydraste est même devenu une des herbes les plus vendues en Amérique du Nord. 

En ce moment, il existe sur le marché canadien une quarantaine de médicaments vendus sans ordonnance qui renferment de l'hydraste ou une de ses matières actives, sous forme d'élixirs, de comprimés, de capsules et de suppositoires.

L'hydraste entre également dans la composition de certaines tisanes. 

Lorsqu'une fausse rumeur a fait croire qu'on pouvait utiliser une infusion d'hydraste pour rendre impossible la détection de la morphine dans les échantillons d'urine, la plante a également eu du succès, pour des raisons semblables, auprès des usagers de marijuana et de cocaïne. 

Elle a même été utilisée dans l'espoir de camoufler le dopage des chevaux de course.

Tout comme dans le cas du ginseng et du podophylle pelté, une bonne partie de l'approvisionnement en hydraste venait autrefois des régions montagneuses du Kentucky et de la Virginie, dont l'économie était en grande partie fondée sur les forêts vierges des versants escarpés et des vallées profondes.

Vers la fin des années 1850, le produit valait 2,20 $ le kilo, mais les prix ont chuté à mesure que le marché a été mieux approvisionné. 

Vers la fin des années 1800, il se récoltait 63 500 à 68 000 kg d'hydraste par année, dont la plus grande partie était utilisée en Amérique du Nord; seulement 680 kg étaient exportés vers l'Europe. 

Il faut environ 550 rhizomes d'hydraste pour obtenir un kilo de produit séché. Comme la plante était principalement récoltée dans la vallée de l'Ohio, Cincinnati est devenue le principal centre d'approvisionnement.

La plus grande partie de l'approvisionnement actuel est toujours assuré par la cueillette de plantes sauvages, mais la culture de l'hydraste est aujourd'hui très répandue. 

Comme la demande croissante risque de faire disparaître l'espèce dans certaines régions, il est possible que cette culture en vienne à approvisionner le marché. 

L'espèce est déjà cultivée en Arkansas, au Michigan, en Caroline du Nord, en Oregon, au Tennessee, au Washington et au Wisconsin, et la production annuelle est de plusieurs tonnes.

De plus, certains producteurs de ginseng trouvent avantageux de cultiver un peu d'hydraste, puisque la similitude des exigences écologiques des deux plantes permet l'emploi des mêmes machines. 

En fait, l'hydraste est sans doute un peu plus facile à cultiver que le ginseng, parce qu'il tolère une lumière un peu plus intense et est moins sensible aux maladies et aux ravageurs. 

Par ailleurs, justement à cause des maladies, il est difficile ou même impossible de cultiver le ginseng plusieurs fois de suite dans la même parcelle boisée; l'hydraste pourrait donc constituer une bonne culture en rotation avec le ginseng.

Enfin, étant donné la popularité croissante des produits à base d'hydraste, cette plante présente un potentiel pour la diversification des cultures dans le sud de l'Ontario.

Mythes, légendes et anecdotes

Aux États-Unis, durant la période qui a suivi la guerre de Sécession, l'hydraste entrait dans la composition de nombreux médicaments brevetés, dont la « Découverte médicale en or du Dr Pierce ». 

Contrairement au ginseng, cueilli uniquement pour l'exportation, l'hydraste était utilisé aux États-Unis et a fini par acquérir une réputation semblable à celle du ginseng comme panacée et tonique de longévité. 

C'est pourquoi l'hydraste a déjà été surnommé « ginseng du pauvre ».
On estime que plus de 95 % de la biomasse aérienne de l'hydraste est produite au cours du premier mois de croissance annuelle.

En 1997, le Fonds mondial de la nature a inscrit l'hydraste du Canada sur la liste des « 10 espèces les plus recherchées » à l'échelle mondiale. Il s'agit de dix espèces, parmi les plus menacées, qui font l'objet d'une grande demande sur le marché international.

Galette de sarrasin sans électricité avec pesto d'ortie et noix

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