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mercredi 7 mai 2014

Les couteaux Mora

Les couteaux Mora


Dans un article de novembre 2010 intitulé "Le Couteau de Survie", Volwest consacrait déjà un paragraphe aux couteaux MORA. Par la suite, dans les articles ou les vidéos, ces couteaux ont à nouveau été mentionnés, parfois en pointillé, parfois de manière plus directe, comme notamment avec le modèle HighQ.

Bien que ces couteaux soient maintenant bien connus, une des questions les plus fréquemment posées à Volwest concerne encore l’acquisition d'un premier couteau capable de répondre a nos besoins les plus primaires, sans pour autant couter trop cher. Il nous semble évident que Mora apporte la réponse la plus pertinente à cette question. Considérant d’autre part que la gamme des produits Mora s’est très largement étoffée ces derniers temps, il nous est apparu nécessaire de reparler de la marque suédoise.

1- Caractéristiques générales:



Mora c’est avant tout un rapport Qualité/Prix sans équivalent sur le marché. En effet, une première partie de la gamme se situe entre 7 et 15€, soit les modèles historiques ou "traditionnels". Tandis que les derniers nés, plus robustes, spécialisés ou plus imposants, peuvent aller jusqu'a 50€ pour le Bushcraft Survival Black par exemple, ce qui, dans l'univers du couteau qui tient la route, reste raisonnable.


Simplement, Mora nous offre la possibilité de nous équiper en "truc qui coupe" sans casser la tirelire. Perdre ou casser un couteau a 200€ peut être difficile a digérer, perdre ou casser un Mora a 7€ n'est pas dramatique. De plus, et a ce prix, nous pouvons facilement créer de la redondance en combinant les couteaux et leurs fonctions: kit voiture, kit de décentralisation, kit de survie, kit bricolage, kit de chasse / pèche / cueillette, cuisine, EDC, sac d'évacuation…


Mais dans qualité/prix, il y a aussi qualité, et elle est au rendez-vous.

Les produits Mora sont fabriqués en Suède dans la ville dont ils portent le nom. Ils étaient à l’origine produits par une multitude de couteliers locaux, mais sortent aujourd’hui d’une seule usine, issue de la fusion de tous les acteurs en une seule structure : Mora of Sweden. Le site du constructeur apporte toutes les informations nécessaires pour ceux qui veulent approfondir l’histoire de la marque.

Donc fabrication suédoise, mais aussi acier suédois. La plupart des modèles sont proposés soit en acier au carbone (du qui rouille), soit en acier inoxydable 12C27 Sandvick. Ces deux aciers ont chacun leurs adeptes et ceci pour différentes raisons. Par exemple, l’acier au carbone s’affûte très facilement, et l’acier inox semble plus adapté au milieu humide (pêche, neige, cuisine…), mais ce choix reste personnel.


Hormis quelques modèles récents, la plupart des Moras ont une lame d’environ 10 cm de long pour 2 mm / 2.5 mm d’épaisseur. C’est cette faible épaisseur qui permet l’affûtage rasoir en sortie de boite et de le conserver avec n’importe quelle pierre à affûter et ceinturon. Car les couteaux Moras sont des « sabres lasers », pour utiliser une expression que d’aucuns affectionnent.

Maintenant que nous sommes un peu familiarisés avec la marque, intéressons nous à l’usage de ces couteaux. Quel est leur terrain de jeux ?

L’expression n’étant pas de moi, je la reprends sans hésiter : « le Mora, c’est l’Opinel du Suédois ». Bref, le couteau à tout faire. Alors certes, l’encombrement est supérieur à un Opinel puisque nous sommes ici sur un support fixe, mais pour quelques avantages en plus : robustesse, disponibilité instantanée (pas de manipulation) et facilité d’entretien et de nettoyage. Tout ça pour le même tarif. Disons pour faire simple que là où on aura l’Opinel dans la poche, on aura le Mora dans la boite à gants de la voiture, posé sur l’établi, dans le sac à dos ou a la ceinture dans la verte.




Alors les Moras ne supportent-ils aucune critique ? Rien n’est jamais parfait, mais il faut reconnaître qu’on frôle ici le zéro faute. En effet, les reproches que l’on peut leur faire sont toujours la conséquence d’un avantage que nous leur avons reconnu. Je m’explique :

- Les étuis sont très moyens. C’est vrai, mais sur un craftline 511 à 7 €, il reste combien pour l’étui ? L’étui est basique, en plastique dur et peu flatteur à l’œil, mais il fait quand même le boulot.

- Les lames sont généralement fines. Encore exact, la plupart des Moras ne sont pas des pieds de biche. Mais là encore, un cutter de 4 mm d’épais, ça existe mais c’est plus cher, c’est plus lourd, et ça demande plus d’entretien et d'expertise a l'affutage.

- La soie n'est pas pleine. A l'époque du "batonnage" et de la recherche incessante de "l'outil unique a tout faire", il est effectivement souvent question de la soie sur nos couteaux, c'est a dire la nature du prolongement de la lame dans le manche. Un couteau dont la soie se prolonge sur toute la longueur du manche (pleine soie ou plate semelle) est dans la plupart des cas un critère de robustesse. Cependant, l'apparition des rivets tubulaires, le développement des techniques de surmoulage ou encore l'amélioration des plastiques, bousculent largement cette idéologie de pleine soie, et la game Mora en est la preuve.

Au final, les couteaux pleine soie et a forte épaisseur seront certes plus robustes, mais ils seront aussi plus cher et plus lourd que les Moras.

Les Moras sous X-Ray

2- La Gamme:



La gamme des couteaux Mora s’est considérablement étoffée ces dernières années, notamment sur le terrain "bushcraft". Les différences ne sont pas énormes d'un modèle a l'autre, mais tout de même significatives, ce qui devrait vous permettre de trouver très précisément ce que vous cherchez. Nous distinguerons les modèles historiques , les couteaux classiques à tout faire, et enfin les modèles récents ou plus spécialisés, sans pour autant passer en revue la totalité des choix a notre disposition.

a) Les modèles historiques.


Le Mora emblématique est le « classic #1 ». Manche en bouleau, rouge, et lame de 4 pouces en carbone. Il existe cependant plusieurs variantes du "Classic": le Classic #1 avec sa lame de 4 pouces, le Classic #2 qui est un tout petit peu plus long et épais que le #1, le Classic #3 avec une lame de 6 pouces, et le Classic #601 avec une double garde.

Bien que beaucoup moins populaires, il existe aussi le Classic #1/0, et le Classic #2/0, qui sont les tailles en dessous du Classic #1, et pouvant plus facilement intégrer un EDC ou un kit plus petit.

Esthétiquement parlant, le Classic #1 est sans aucun doute le plus réussi. On ne peut qu’aimer ce couteau qui synthétise toutes les qualités naturelles de chez Mora. Cependant, je lui préfère le 612, modèle équivalent mais équipé d’une petite garde inférieure. Il est indispensable pour moi de pouvoir perforer avec un couteau, et le 612 le permet en toute sécurité. Bien sur, pour les Suédois, cette absence de garde sur le Classic #1 se justifie : culturellement, la coupe se fait toujours chez eux en tirant, donc de manière sécurisée.

L’autre modèle classique est le 511 (manche en plastique) dont je parlerais plus loin. A savoir qu’il existe avec un manche bleu, le Q 546, dont la lame est alors en inox.

b) Les classiques à tout faire.



On a ici toute une foule de modèle, esthétiquement tous très proches les uns des autres avec une lame de 10 cm et un manche en caoutchouc bi-matière particulièrement ergonomique et sure. Les variations sont essentiellement dans les caractéristiques de la lame : matière, épaisseur (de 2 à 3.2 mm) etc… et dans les couleurs du manche.

Mon premier Mora, acheté chez USMC et encore payé en francs, était un clipper, toujours au catalogue sous l’appellation companion MG. Super couteau référence qui m’a accompagné en vacances pendant des années et que j’ai offert à un ami en Bretagne il y a 2 ans. Je l’ai remplacé par un 748.

c) Les modèles spécialisés.



Depuis quelques années, Mora a fortement développé sa gamme avec des couteaux plus typés bushcraft ou survie qui s’éloignent un peu de l’esthétique et de la philosophie du couteau scandinave. Nous noterons par exemple le Bushcraft Survival Black, et le Sweedish Fireknife construit en collaboration avec la compagnie "Light My Fire", et doté d'un Firesteel dans son manche.

Dans la gamme des couteaux « plus forts », le modèle MK 2000, rebaptisé Outdoor 2000, existe lui depuis des années. Sans être un full tang (pleine soie), c’est un des modèle dont la soie de la lame est la plus longue et occupe presque toute la longueur du manche.

Nous avons également ici les modèles 748, dont je vais reparler tout de suite, et 749, qui est sans doute le Mora avec la lame la plus longue : plus de 20 cm pour une longueur totale de 33 cm.

3- Le Duo Gagnant: Craftline 511 et Mora 748:

Le prix des couteaux Mora étant particulièrement contenu, il est assez facile d’en posséder plusieurs et de se faire sa propre opinion. Même si aucun ne présente selon moi de défaut rédhibitoire, obligatoirement des préférences apparaissent, un choix s’opère. Ce choix est forcément subjectif dans la mesure ou il répond à mes attentes spécifiques. Mais ayant été particulièrement généraliste jusque là, je voulais vous parler plus en détails des deux modèles que j’achète encore régulièrement chez Mora.

Le Craftline 511:


Le Craftline est un petit fixe dont la lame en acier carbone de 9.6 cm et de 2 mm d’épaisseur est comparable à celle d’un couteau de poche. Le manche est en plastique dur, ainsi que l’étui, assez basique comme nous l’avons vu. Il est d’ailleurs compliqué de porter ce couteau sur un ceinturon. C’est pourquoi je l’ai lui aussi converti au mode de port que j’utilise pour tous mes fixes, que je détaillerai plus bas. Ce couteau mérite toute notre attention pour 4 raisons essentielles :

Le prix. 7 €uros. Rien a ajouté.

L’ergonomie du manche. Moins souple qu’un manche bi matière type Companion, mais vraiment très ergonomique. Ni blessant, ni fatiguant pour les mains.

La facilité d’entretien. Que ce soit le nettoyage ( à la pèche par exemple, ou au champignon sous la pluie ) ou l’affûtage régulier, c’est l’affaire de quelques secondes et pour un résultat parfait.

La présence d’une vraie garde. C’est le gros plus de ce modèle. La garde décuple le potentiel de cette petite lame, et lui autorise même, en l’absence de dispositif plus adapté, des tâches occasionnelles ou de stricte urgence, comme la self par exemple.

Le Mora 748:


Le 748 a gauche

J’en ai rêvé, Mora l’a fait.

Comme je l’ai dit plus haut, le premier Mora que j’ai utilisé quotidiennement était un Clipper ( aujourd’hui companion MG ). Je l’utilisais surtout en vacances, dans les gîtes, où il est presque toujours impossible de trouver un couteau qui coupe.

Je suis d’ailleurs toujours étonné que dans les revues de couteaux, les testeurs s’excusent presque de les utiliser à la cuisine. Cuisiner est une activité majeure, qui demandera, en cas de difficultés d’approvisionnement, infiniment plus de temps et d’énergie qu’aujourd’hui. Il faut donc utiliser tous ses couteaux pour cuisiner. C’est même selon moi une des voies majeures pour arriver à cette intimité que l’on peut créer avec l’objet. Mais revenons à nos moutons…

Donc je cuisinais avec mon Clipper, et le seul défaut que je lui trouvais était une lame un poil trop courte pour couper une grosse tomate, ou un melon par exemple. Lorsque le 748 est sorti, j’ai tout de suite pensé qu’on avait là un outil proche de la perfection. J’en ai commandé plusieurs et, après des mois de tests, je suis convaincu qu’il est le parfait complément du Craftline 511. Ses qualités majeures sont :

Le prix. 18 €

Le manche. Ergonomique, en caoutchouc souple et antidérapant, assure une prise ferme, même les mains mouillées.

La lame. En acier inox, affûtée rasoir, facile d’entretien et surtout de près de 150 mm de long.

Pour 25 €, vous avez là un petit couteau pour le travail de précision, notamment avec la pointe (dépeçage, bricolage, perforation etc…) et une lame plus longue, un peu plus épaisse (2.5 mm), pour les coupes profondes et les travaux plus rudes (dans la limite du raisonnable).

4- Amélioration du système de port:


Les couteaux Mora étant de prix vraiment très raisonnables, il faut reconnaître que les étuis sont souvent assez basiques. Notamment sur le Craftline 511, le passant est trop étroit pour un ceinturon de 45 mm. Mais pour ma part, j’ai réglé le problème. Sur tous les étuis de mes couteaux je rajoute un anneau ou une cordelette que je suspends à une attache qui est à demeure sur mon ceinturon. Cette attache est réalisée en fil de fer de cintre et ne nécessite donc qu’un peu d’huile de coude : faites chauffer les multitools…

L’avantage majeur de ce système est de permettre de suspendre ou d’enlever le couteau instantanément. Si je quitte la maison, je prends couteau et étui à la main, je monte dans la voiture, je mets le couteau dans la boite à gants, je descends de l’auto, je le suspends à mon ceinturon. Je vois des promeneurs arriver au loin, je le décroche et le glisse dans mon dos pour ne pas choquer le citadin… et tout ça très naturellement grâce à l’attache en fil de cintre. Si on veut le sécuriser (en franchissement par exemple) il suffit d’attacher l’anneau à un mousqueton.

Si comme moi vous avez un vrai coup de cœur pour votre Mora, faites-lui un petit cadeau, et effacez le seul petit reproche que l’on pourrait lui faire…Une autre solution pour améliorer le port est encore de confectionner un étui adapté a notre Mora. Comme le temps devient impossible à rattraper, j’ai demandé à un artisan cordonnier d’effectuer ce petit travail.

   
Le Craftline 511 est pour moi un compagnon de tous les instants : cuisiner, manger, ouvrir le courrier, bricoler…honnêtement, il n’est jamais très loin.
Je voulais depuis longtemps lui faire un petit étui, le plus simple, le plus minimaliste possible, permettant le port inversé autour du cou.


Une autre solution peut être de s'orienter vers les étuis en Kydex, de plus en plus appréciés et disponibles pour la marque Suédoise.

Comme nous l’avons vu, la qualité des couteaux Mora permet de les intégrer à n’importe quel kit et même d’en faire son couteau principal.

Pour définir au mieux l’usage qu’on peut en avoir, il convient de bien comprendre l’approche scandinave du couteau. Celui-ci, en effet, vient presque toujours en complément de l’outil chargé des travaux plus rude : la hache. C’est une particularité que nous avions déjà abordée dans l’article « La serpe de l’Abbé ».
Au couteau ne sont dévolues que les tâches nécessitant finesse et précision et donc pointe effilée et tranchant affûté, deux des caractéristiques des couteaux Mora.

L’Abbé.


Lien internet : Les couteaux Mora

Le sac de sucre

Le sac de sucre…


Si la réelle portée du survivalisme est intimement liée a la construction personnelle d'un univers durable, cohérent, riche d'indépendance et de liberté a l'échelle de notre cercle d'influence immédiat pour tout simplement et positivement influencer la qualité de nos vies, effondrement ou pas...c'est au travers de nos préparations, de cette organisation matérielle et solide, que le survivaliste devient visible et donc compréhensible pour son entourage.

Apres tout, "liberté", "cohérence" et "indépendance" sont des termes si personnels, si subjectifs et conceptuels, qu'il est plus facile de nous définir par le matériel, par la solidité de nos préparations et ce qu'elles impliquent, que quelques sentiments symboliques de révoltes solitaires inscrits sur les murs de nos sous sols lourdement désintéressés par le poids des étages supérieurs.

Parler d'indépendance et de liberté est toujours risqué…d'une part parce que l'indépendance et la liberté sont des notions relatives, et d'autre part parce que nous vivons une époque ou l'intention d'indépendance, d'auto-suffisance, d'autonomie, de pouvoir personnel, de cohérence, d'implication, de résilience et d'affirmation de sa conscience, semble menacer l'équilibre du paradigme ambiant, qui, simplement exprimé, nous pousse de plus en plus a dépendre de tout et de rien…


Dans ce contexte, plus ou moins complexe selon le niveau d'esclavagisme des esprits alentours, il est beaucoup plus simple de se pencher sur "le sac de sucre" du survivaliste, et de peut être s'en moquer, que de se pencher sur son intention d'indépendance et de liberté, lui beaucoup plus nuancée et subtile.

Face a ce complexe processus d'indépendance qu'est le survivalisme, il peut être question a un moment ou a un autre de perdre de vu le réel intérêt d'une telle démarche, et de succomber au fatidique: "…et si il ne se passe jamais rien ?"

Cette "question", souvent chuchotée par simple envie d'affirmer un quelconque sentiment de conformisme collectivisé, implique mathématiquement que le survivaliste ne peut résonner que de la catastrophe, qu'il ne peut vivre et prendre tout son sens que dans l'enchevêtrement hâtif d'une situation d'urgence et de ses séquelles sur notre fabrique.


Il serait alors question d'une co-dépendance structurelle entre le survivalisme et l'effondrement de la normalité…et le survivaliste, devient des lors, aux yeux du monde qui l'observe ou dans sa propre conception plus ou moins juvénile, un être totalement gouverné par l'événement.

On pourrait presque dire que sans la catastrophe, le survivaliste ne peut exister, car sans elle, la totalité de sa démarche, de sa structure (philosophique, intellectuelle et physique) n'a aucun sens…

A quoi sert la préparation a un effondrement de l'économie, si l'économie ne s'effondre jamais ?

A quoi sert la préparation a un dysfonctionnement de nos systèmes de supports, si ceux-ci ne sont jamais en 
dysfonctionnement ?
A quoi sert de préparer un plan d'évacuation, si nous ne sommes jamais confrontés a devoir évacuer ?
A quoi sert le sac de sucre dans la cave du survivaliste, si la troisième guerre mondiale n'éclate jamais ?


Le survivaliste serait-il la victime d'un romanticisme sournois, attiré malgré lui, comme Ulysse par le chant des sirènes, a s'échouer sur les récifs d'un rêve post apocalyptique, pour peut être se vanter d'avoir prévu, survécu, ou finalement pleinement exister de tout son poids ?

" Viens ici ! Viens a nous ! Ulysse tant vanté !
L'honneur de l'Achaïe…arrête ton croiseur: viens écouter nos voix ! Jamais un noir vaisseau n'a doublé notre cap, sans ouïr les doux airs qui sortent de nos lèvres; puis on s'en va content et plus riche en savoir, car nous savons tous les maux, tous les maux que les dieux dans les champs de Troade, ont infligés aux gens et d'Argos et de Troie, et nous savons aussi tout ce que voit passer la terre nourricière."



Il n'y a aucun doute qu'un pourcentage plus ou moins important d'individus intéressés par le survivalisme semblent voir la catastrophe et l'implosion de la fabrique comme un univers propice a l'expression refoulé de certains comportements, ou encore l'expression d'une justice politisée.

Certains survivalistes semblent même y voir une opportunité…mais soyons très clair, cette projection fantasmée et souvent glorifiée par la culture ambiante est un leurre…un chant de sirène.


Notre sac de sucre n'est pas la promesse d'une catastrophe, ou l'espoir inconscient d'une implosion de la fabrique pour pouvoir enfin revêtir nos parades camouflées et sortir le 12 tacticool, mais bien la construction d'un mode de vie qui nous invite a matérialiser toujours un peu plus d'indépendance et de liberté.

Il est le reflet physique, presque symbolique, d'une prise de conscience particulière, qui exprime non pas l'idée de s'affranchir du système par la destruction de celui-ci, comme un enfant frustré et ne pouvant pas briller ou s'assumer devant les règles de jeu en place, mais bien par la construction, en parallèle, d'une manière de vivre que nous pouvons comprendre et qui nous est utile au quotidien.

Démolir, déconstruire, anéantir, rejeter, refuser, décroître…sont des gestes d'une mécanique grossière portée sur la réactivité émotionnelle, et donc facilement accessible et visible, et ayant le pouvoir d'extérioriser nos frustrations ou nos désirs, et ceci immédiatement.

Il est beaucoup plus facile de s'abandonner a l'auto destruction, qu'a l'auto construction.
Il est aussi parfois et pour certains, beaucoup plus facile de s'imaginer survivre, que de travailler a vivre.


- Je ne m'intéresse pas a la Permaculture pour survivre a la faim dans le cadre d'un effondrement total et systémique du monde tel que nous le connaissons, je m'y intéresse pour contribuer a la construction d'une vie locale, saine et cohérente avec mon environnement, pour pouvoir manger des aliments sains, pour limiter le trajet de certains produits, et m'affranchir (c'est a dire avoir la liberté de choisir de participer ou non) de l'agri-business, de la monoculture et de la destruction de nos sols.


- Je ne m'intéresse pas a la chasse pour le plaisir de tuer un animal, ou pour pouvoir me nourrir après une apocalypse quelconque, je m'y intéresse pour m'affranchir de la manière actuelle dont nous concevons l'élevage, et de la déconnexion programmée et hypocrite de notre rapport a la mort.


- Je ne m'intéresse pas a des énergies alternatives pour pouvoir continuer d'utiliser mon frigo quand la troisième guerre mondiale éclate, je m'y intéresse pour réduire l'impact de mes factures mensuelles sur mes finances, pour ne pas être dépendant du système pour mon électricité en cas de pannes, pour m'affranchir du monopole énergétique de compagnies douteuses et de certains enjeux écologiques que devrons subir nos enfants…


- Je ne m'intéresse pas a l'hygiène et la santé pour pouvoir me faire des points de sutures après une fusillade quand l'effondrement de l'économie globale nous aura plongée au 18eme siècle…je le fais pour pouvoir intelligemment porter assistance a une personne blessée, a mon voisin, pour pouvoir fabriquer mon propre savon bio sans tests sur les animaux, pour pouvoir éviter de tomber malade et m'interdire la productivité, pour faire des économies, pour peut être réduire l'impact sur le monde hospitalier du pouvoir des grandes compagnies pharmaceutiques…


- Je ne fais pas de la récupération des eaux de pluie pour pouvoir continuer de boire durant la prochaine pandémie, je le fais pour réduire le gaspillage ambiant d'une ressource critique, pour réduire mes factures, pour arroser mes légumes, pour ne pas être dépendant du système si il y a une coupure, parce que c'est facile et que ça a du sens.


- Je ne m'intéresse pas aux armes a feu pour tuer quelques pilleurs de riz durant une guerre civile, je m'y intéresse pour avoir un moyen adapté de défendre la vie de mes proches dans un cadre extrêmement précis et stricte, pour pouvoir récolter ma propre viande, aussi dans un cadre extrêmement précis et stricte, pour contribuer a un certain équilibre de la force, et finalement pour le plaisir que me procure le tir le dimanche entre amis.

- Je ne fais pas des réserves de nourriture pour pouvoir bouffer quand tout le monde a faim, je le fais pour m'affranchir d'un système de distribution "juste-a-temps", pour faire des économies, pour mitiger les fluctuations de prix causées par la spéculation sur les produits de base, pour ne pas avoir a prendre la voiture le dimanche matin quand je m'aperçois que je n'ai plus de sucre, et donc payer plus de taxes, utiliser plus d'essence…


Lien internet : Le sac de sucre

Cuisson des aliments et énergie

Cuisson des aliments et énergie

Lorsque j'ai publié mon article intitulé 203,96 dollars pour alimenter 4 personnes pendant un an, je m'attendais à certaines critiques précises et je les ai reçues.

On a reproché à ce type de réserves d'urgence d'être énergivore car la cuisson des aliments, notamment des légumineuses et de certains féculents, demande évidemment de l'énergie.

Oui la cuisson demande de l'énergie mais en demande-t-elle suffisamment pour que ce soit considéré "énergivore"? 

C'est à voir. 

Voyons maintenant.

Il existe différentes manières de cuisiner. On peut viser l'efficacité et la précision maximales lorsqu'on fait par exemple ma délicieuse crème brûlée au sirop d'érable: cuisson au four dans un bain-marie suivi d'une cuisson agressive de surface pour caraméliser le sucre. On ne peut obtenir une crème brûlée parfaite qu'avec des équipements qui contrôlent parfaitement la température et qui le font sur demande. Demandez à RSF-Mère et à son mari si elle est bonne, ma crème brûlée (salut Laetitia et Phillippe)!

Et puis il y a la cuisson autre, celle d'expédients, celle de la débrouillardise, celle de la disette énergétique, celle qui permet de cuisiner presque toutes les mêmes choses qu'en temps de normalité mais avec des installations plus rudimentaires et des sources ou des quantités caloriques différentes.


Retournons pour ce faire dans le passé. 

Nos ancêtres n'étaient pas cons. 

Ils étaient tout aussi bien adaptés à leur environnement de vie que nous pouvons l'être au nôtre.

En fait ils étaient même plus adaptés que nous car les erreurs d'adaptation étaient plus tragiques que celles que nous pouvons faire dans un univers beaucoup plus confortable et technologique que le leur. 

Manières de cuire les aliments

On a tous en tête la fameuse marmite logée dans l'âtre au dessus des flammes ou d'un feu de braises ardentes.

Ce qui n'était pas con du tout. 


Le feu chauffait un peu le logis, les pierres de la cheminée accumulaient la chaleur et la redistribuaient, les aliments pouvaient mijoter, spécialement les pièces de viande moins tendre qui étaient le lot des paysans (car contrairement à ce qu'on croit ou laisse croire la paysannerie n'a pas toujours été miséreuse, il faut le dire).

Cette méthode faisait double emploi de la chaleur produite par la combustion du bois: chauffage du logis et cuisson des aliments.

Étant encore enfant, je me souviens d'avoir accompagné mon grand-père dans sa tournée de distribution d'aliments chez des familles pauvres ou chez des personnes âgées, pendant la période de Noël. 

Mon grand-père était un catholique très pratiquant qui prenait au sérieux la notion de charité. Il donnait lui-même beaucoup, il organisait ou participait à des oeuvres de charité à travers la paroisse ou la Caisse Populaire dont il était le directeur. Habitant un petit village, de par sa position, il faisait partie des notables. Il se servait de sa situation pour faire du bien.



Alors en l'accompagnant je me souviens d'être entré dans une maison où la seule unité de chauffage était une cuisinière au bois, avec ses trois fours, son réchaud, sa section mijoteuse, etc.

Comme je regardais avec beaucoup de curiosité et de fascination la femme qui vivait là m'a invité à approcher et à regarder. Cette image m'est restée en tête car déjà à cet âge j'aimais l'histoire et les "vieux objets du quotidien".

Plus tard lors de mes études en Histoire, nous avions des cours sur la culture matérielle, C'étaient les cours les plus intéressants que j'ai pu avoir.

J'ai pu apprendre que ces cuisinières du passé avaient deux fournaises: une où on mettait le bois fendu et une autre, moins profonde, où on pouvait faire brûler du bois de fagots.

Les branches mortes sont très abondantes partout où on trouve du bois. Leur ramassage peut être fait par des enfants et des personnes âgées. 


Puisque leur température de combustion est par destination moins élevée, ces branches génèrent de la cendre qui peut être récupérée pour produire du lessi, de la lessive, du savon ou même de l'engrais si on le mélange à de l'urine récupérée des pots de chambre.

Ceux qui craignent la trop grande dépense d'énergie pour la cuisson de leurs aliments n'avaient évidemment pas en tête l'usage du bois de fagots.

Mon fameux Biolite Stove dont je parle si souvent (désolé!) utilise notamment du bois de fagot haché menu. 


Il est facile de se confectionner un petit poêle à bois en tôle métallique qui pourrait brûler de petites branches et ainsi fournir un moyen de cuire des aliments.

Outils requis: scie à métaux et riveteuse. Si vous le voulez démontable, rajoutez une perceuse et des vis.

J'ai entendu dans un reportage que les japonais du nord des archipels nippons connaissaient un climat aussi rigoureux que celui du Québec. Ils ne chauffent pas leurs maisons qui sont peu isolées. Les murs sont en papier de riz résistant aux intempéries et le toit de ces maisons est en chaume. 



En revanche, ils cuisent leurs aliments dans deshibachis avec du bois ou du charbon de bois. Sans cheminée. La fumée? Elle monte vers le toit de chaume et le fumige du même coup, ce qui explique que ces toits durent une centaine d'année sans pourrir et sans moisir.

La cuisson terminée et une fois les braises formées, le petit "bol à feu" est déplacé sous la table basse sur laquelle on a placé une nappe très grande. Cette nappe est déployée sur les pieds des convives et la chaleur produite par le hibachi est redistribuée sous la table et sous la nappe. 

Pour le coucher, même principe.


La civilisation qui est reconnue pour conserver les traditions a donc maintenue la manière de cuire les aliments.

Sur l'image ci-contre, on peut voir une autre "cuisinière" japonaise. On y aperçoit un rectangle qui reçoit des braises et sur lequel on dépose les casseroles, bouilloires et poêlons. Cette cuisinière utilise du charbon de bois ou même du bois de fagots.

On est loin de la cuisinière électrique ou au gaz!

Fabriquer du charbon de bois, ce n'est pas difficile mais ce n'est pas non plus une mince affaire. Par contre, le bois de fagot est là, gratuit, à la portée de tous.


Nos ancêtres du Moyen Âge n'étaient pas dépourvus.

J'ai parlé plus haut de la cuisson dans l'âtre, celle des ragoûts et des soupes dans des chaudrons. Elle permet aussi la cuisson sur broche.

Il existait aussi des "cuisinières" médiévales qui utilisaient des bûches, des fagots ou du charbon de bois.

Tiens! ça nous rapproche de la cuisinière au bois que j'ai vue en accompagnant mon grand-père!

Il existe d'autres approches de la cuisson des aliments. Si vous disposez de sources de chaleur contrôlable, comme de l'électricité ou du gaz ou n'importe quel carburant que vous pouvez allumer et éteindre à volonté, il est possible de chauffer notre marmite à la température désirée et de la placer ensuite dans une marmite norvégienne.

Qu'est-ce au juste?


Marmite norvégienne de fortune
Ce n'est pas une marmite et ce n'est pas exclusivement norvégien. 



Marmite norvégienne "high tech"
La marmite norvégienne est un procédé de cuisson des aliments qui requiert beaucoup moins d'énergie que la cuisson traditionnelle.

Il s'agit en fait d'un réceptacle très isolé dans lequel on dépose une marmite préalablement chauffée à sa température de cuisson et qu'on referme. 

La déperdition de chaleur étant considérablement réduite, la marmite conserve sa chaleur et poursuit du même coup la cuisson des aliments. 

Qu'on utilise du styromousse expansé ou de simple guenilles à titre d'isolants, il est facile et rapide de construire cette pièce d'équipement.

Si le temps de cuisson est très élevé, il est tout à fait possible de sortir la marmite et de la remettre sur le feu puis de la ranger à nouveau dans le contenant isotherme.

De grands sacs de jute peuvent aussi faire l'affaire, tout comme des paniers. L'important est d'isoler tous les côtés, le dessus et le dessous.


Il existe d'autres moyens de produire de la chaleur afin de cuire des aliments: 

four solaire,
dynamo produisant de l'électricité,
loupe géante faite avec une lentille de Fresnel
méthane récupéré la décomposition des déjections humaines et animales
hydrogène ou HHO sur demande avec piles et panneaux solaires

Et j'en passe. Ces solutions demandent soit des installations spécialisées, soit un ensoleillement suffisant, soit des équipement technologiques avancés.

Tout est bon dans ce domaine, l'important c'est de pouvoir cuisiner avec les sources caloriques requises. Dans cet article je parle des moyens plus légers, moins technologiques, plus accessibles mais si vous avez accès à mieux...
Les réserves alimentaires dites énergivores

Elles ne le sont pas. Faites le test.

Prenez du riz étuvé ou des nouilles. Jetez-les dans l'eau froide le matin et regardez-les le soir. Votre riz ou vos nouilles auront pris du volume. Idem pour les aliments déshydratés. Une petite flambée de 5 minutes pour stériliser le tout et vous mangez chaud sans grandes dépenses d'énergie. Je l'ai personnellement testé.

Pour les légumineuses, après un trempage de 10-12 heures, il faut les chauffer puis les laisser mijoter. Si vous disposez d'un feu que vous n'avez pas de difficulté à alimenter, soit en bois de fagots ou en bûches, il n'en coûte rien de plus en énergie à cuisiner ces aliments et vous chauffez du même coup votre logis.

Si vous avez au contraire des sources de chaleur pour la cuisson des aliments qui sont difficiles à renouveler: marmite norvégienne, notamment...

Épilogue

Les objections à une chose ou une autre reposent souvent sur des paradigmes. Le principal rencontré, c'est celui du "faire comme toujours sans être comme avant". 

On ne peut pas "faire comme toujours" quand nous ne sommes plus dans un contexte qui le permet. L'essence même du survivalisme c'est l'autonomie et celle-ci exige sa part d'adaptation aux circonstances. On ne peut pas mettre du fioul dans une voiture si celui-ci n'est plus disponible. On peut par contre fabriquer du biodiesel ou opter pour le cheval ou le vélo pour nos déplacements. C'est cela, s'adapter aux circonstances. 

C'est certes pas pas la même chose, passer de la Mercedes au canasson mais c'est de la même nature: se déplacer à l'aide d'un véhicule, qu'il soit cheval-vapeur, cheval-cheval ou jambe-vapeur.

Le noeud de toute activité humaine est et demeurera l'énergie disponible. On s'en rend compte très rapidement si celle-ci vient à manquer, pour rester dans le thème de la cuisson des aliments, juste avant l'heure du repas!

Les critiques, fort légitimes, sur la nature énergivore des réserves alimentaires d'urgence à longue conservation que je propose dans cet article: 


reposent sur un paradigme contemporain quant à l'utilisation de l'énergie qui est abondante, peu coûteuse et protéiforme.

Ces mêmes critiques sont formulées par des personnes qui ont conscience de la rareté potentielle (et si vous voulez mon avis, probable) de l'énergie dans une normalité bouleversée, que ce soit par son coût ou plus prosaïquement, sa distribution et sa disponibilité.

Ces critiques sont donc tout à fait fondées en vertu du paradigme de l'utilisation actuelle des différentes formes d'énergie. Je suis toutefois convaincu que les mêmes personnes, placées dans un contexte de rareté énergétique, sauront faire preuve d'imagination et adapteront leur manière de préparer les aliments à la nouvelle réalité.

Si cet article peut y contribuer, j'en serai heureux.

dimanche 4 mai 2014

Disparition

Disparition


Quand un proche qui disparaît sans laisser de trace au retour de son boulot ou de l'école, c'est l'univers entier qui bascule.


Quand ce proche disparaît en plein chaos sociétal, comme en Grèce où la police ne répond plus aux appels et réfère les plaignants à des organisations politiques radicales, le désespoir peut désormais prendre sa place car la puissance de l'État avec ses réseaux de communication et ses pouvoirs d'enquête et de contrainte ne pourra même plus être utilisée pour retrouver notre disparu.

La disparition peut survenir après un tremblement de terre ou une tornade. L'école de notre enfant est-elle toujours debout? Pourvu que notre conjoint/conjointe n'était pas sur le pont qui s'est effondré. Etc. Les questions fusent et personne pour y répondre.

Se préparer

On peut très difficilement se préparer à ce genre de chocs. En tout cas psychologiquement parlant. Pour le reste, oui, nous pouvons faire quelque chose.

1) Prendre des photos représentatives du quotidien de nos proches. Pour les adultes, une photo peut être mise à jour aux trois ans mais pour les enfants, c'est à tous les six mois qu'on doit procéder à de nouvelles prises de photos.

2) Porter toujours sur soi une photo individuelle de chacun de nos proches. On peut ainsi la remettre rapidement à un policier si l'appareil policier peut nous aider.

3) Laisser des copies électroniques de nos photos à jour dans nos téléphones portables et nos ordinateurs, à nos amis aussi. Ces photos peuvent être transférées rapidement tant à la police qu'aux journaux.


4) Toujours conserver des copiespapier des photos de nos proches. Une grande quantité. 

Ces copies pourront être distribuées dans le voisinage et dans les lieux publics et si l'électricité manque vous aurez déjà les imprimés prêts à être distribués sans devoir attendre le retour hypothétique du courant. 

Il est possible d'imprimer 6 ou 8 photos par page et le moment venu, on découpe et colle sur une affiche faite à la main avec les coordonnées pour nous rejoindre.


Quand survient une disparition, spécialement d'origine criminelle, la rapidité d'action est primordiale.

Prévention

On peut prévenir bien des disparitions ou des problèmes de réunification par des moyens simples.

Carton d'identification: Un carton plastifié comprenant le nom, l'adresse, la photo et le numéro de téléphone de la personne sera porté sur soi. Pour les enfants on le fait pendre autour du cou. 

Si la loi vous oblige à porter des papiers d'identité en tout temps, cette mesure est superflue sauf pour les enfants.

Ce carton servira à identifier la personne inconsciente ou décédée.

C'est au fond l'équivalent des fameux dog tags que portent les soldats.

Téléphone portable


Le téléphone portable personnel devrait contenir une entrée dans le répertoire qui contient un numéro d'urgence. 

Cette entrée devrait être nommée "#urgence" ou comme les états-uniens font: "#ICE" (in case of emergency). 

Le symbole dièse sert à faire figurer cette entrée en première position du répertoire ou si le dièse ne fonctionne pas, on trouve un autre symbole qui accomplira ce but.


Mot de passe familial: Il y a un violent tremblement de terre, les enfants sont réfugiés dans les abris des écoles, vient l'heure du retour à la maison après que l'alerte soit tombée. 

Les parents arrivent très tard, certains se font attendre. Puis un homme se présente comme un collègue du père de Martine et demande à emporter Martine avec lui. L'institutrice va chercher Martine qui ne reconnait pas l'homme. 

L'homme lui dit "Martine, les carottes sont violettes". Martine sourit et accepte de partir avec l'homme. 

Seule Martine et ses parents connaissent ce mot de passe secret et si l'homme le lui a dit, c'est que son père lui a réellement demandé d'aller la chercher pour lui.

Discipline : 

Les enfants et adolescents qui se promènent seuls ou avec des amis devraient se faire enseigner des règles de conduite en cas de contact avec des étrangers. Ça pourrait aussi être valable pour les adultes:

1) Éviter les conversations avec les inconnus et ne pas les éterniser le cas échéant.

2) Lorsqu'on est abordé, spécialement quand les enfants sont abordés, toujours chercher un point de fuite. En cas d'absence de point de fuite, prendre la fuite immédiatement.


3) Maintenir en tout temps une distance de plus de deux à trois fois la portée de bras de l'inconnu.

4) Prendre l'habitude de remarquer les détails d'un véhicule ou d'une personne.


5) Avoir avec soi un objet très bruyant, comme un sifflet ou un avertisseur et en plus pour ceux qui ont du discernement et là où c'est légal, du poivre de cayenne pour repousser les chiens. 

Car les chiens aussi attaquent parfois, si vous voyez ce que je veux dire. 

Notez qu'il est légal au Canada de porter sur soi du poivre de cayenne destiné à nous protéger des attaques des animaux, y compris en ville.

6) Avoir des bases constamment actualisées en autodéfense quand le poids, la taille et la force de la personne le justifient. 

Un enfant trop jeune se sentira invulnérable s'il est formé à ces techniques et n'aura pas peur. 

Or, il doit avoir peur! Je le sais, à 10 ans, je tenais un discours de "qu'y z'y viennent" avec ma petite année de judo...

7) Repérer, sur le trajet du travail et de l'école, des endroit sûrs où se réfugier.

8) Prendre des itinéraires connus et familiers, éclairés et ouverts.

9) Toujours prévenir ses proches des changements anticipés dans ses habitudes de déplacement ou encore des retards.

10) Notez les changements sur le parcours habituel: une voiture qui apparaît dans le paysage dont le conducteur semble attendre.

Nous sommes tous visés

Adultes comme enfants ne sont pas à l'abri des enlèvements, des agressions en pleine rue, des rackets.


Le fait de vivre dans des communautés plus sécuritaires nous apporte certes un sentiment de sécurité et conséquemment les probabilités de subir un crime d'enlèvement ou d'agression sont plus faibles. 

Cela a pour conséquence de nous faire baisser notre garde et de diminuer les précautions et de nous faire commettre des erreurs graves LA fois où un dirtbag se trouvera dans le secteur.

Les criminels ne sont pas des héros: ce sont des gens qui attaqueront la vieille mémé plutôt que le douchebag, l'enfant plutôt que l'adulte, la femme plutôt que l'homme.

Quand bien même on prendrait les meilleures précautions au monde, elles ne garantissent pas la protection contre les criminels et encore moins contre les événements naturels.

D'où l'importance de préparer des moyens de s'identifier pour le cas où nous sommes inconscients ou trépassés ainsi que des moyens de pouvoir lancer des recherches afin de retrouver un proche disparu grâce à des photos et des affiches ad hoc.

Se préparer aussi à la disparition

Ce n'est pas un sujet qu'on aborde avec joie, la pensée même de la disparition d'un proche est anxiogène. 

Ce n'est toutefois pas une raison pour éviter d'en parler ni de prendre des mesures minimales pour faire face à cette situation de manière préparée, le cas échéant. 

D'autant plus qu'on ne se met pas à réfléchir et agir intelligemment quand on est sous un stress immense.

Disposer d'un plan et de moyens d'agir lorsqu'on proche disparaît, peu importe le contexte de la disparition, c'est déjà se donner des chances de retrouver ce proche et c'est disposer d'outils et de matériel pour faciliter la recherche.

C'est aussi ça, la prévoyance...

Lien internet : Disparition

La remorque d'évacuation

La remorque d'évacuation




Les stratégies d'évacuation peuvent largement changer d'une famille a une autre, d'un environnement a un autre, ou encore d'un véhicule d'évacuation a un autre.

Il est donc important de comprendre que les solutions entreprises et les démarches de résilience doivent être accordées a la totalité de votre univers immédiat: budget, environnement, terrain, étude des probabilité, condition physique, nature familiale, logistique, opportunité, recyclage etc.

La stratégie d'évacuation explorée ci-dessous est intéressante, car elle prend sa source a la problématique de la logistique de la famille nombreuse et comportant des enfants en bas âges.

D'autres solutions mobiles, modulables et compartimentées peuvent germer de l'idée de remorque, comme par exemple l'utilisation de coffres de toit (notons les compagnies Thule et Yakima), pouvant facilement abriter un nécessaire d'évacuation ou un kit voiture et libérer de l'espace a l'intérieur de notre véhicule, ou encore un panier de chargement fixé a l'attelage remorque, pouvant lui aussi recevoir une malle en métal ou toute autre charge...


La remorque d'évacuation:

Nous sommes 7 a la maison, 2 parents et 5 enfants: 17, 16, 14, 9 et 6 ans.
Convaincu depuis des années de l'importance des sacs d'évacuation, il me fallait trouver un moyen d'équiper ma tribu.

Les contraintes:

- Les 2 petits ne peuvent pas porter leurs sacs.

- Ou ranger tous ces sacs ?
- Comment évacuer rapidement la maison, tribu équipée ?
- Comment stocker les sacs hors de la maison sans qu'ils ne soient attaqués par les souris ? Dans le garage, elles m'ont mangé les snikers, le lait concentré et les fruits sec…on a vu une souris après, elle était obèse !
- Les 2 grands partent souvent chez des amis, ils ont besoins de sacs de couchage, mais les rangent mal après.
- Régulièrement je pars en randonnée, et suivant les lieux, la période de l'année et les durées, je ne prends pas toujours le même sac et le même équipement.

En réfléchissant, je me suis dit que je n'aurais pas la possibilité d'évacuer la maison en pleine nuit assez rapidement avec le matériel éparpillé.

Le mieux étant de mettre les petits en pyjamas directement dans la voiture, et pour ma femme de réveiller les grands tout en ayant le matériel prêt et facilement disponible.

Comme nous sommes donc nombreux, nous avons une voiture 7 places, et une petite remorque pour y mettre nos valises quand nous partons en voyage.


L'idée a donc été d'utiliser cette remorque pour y stocker tout le matériel nécessaire, pour n'avoir qu'a atteler, évacuer, et nous équiper plus loin au besoin. 

Dans le cas ou nous aurions a abandonner le véhicule, nous pouvons facilement prendre nos sacs et le matériel nécessaire et marcher.

L'autre avantage est aussi de pouvoir décharger rapidement le matériel et de le mettre dans le garage a l'abri des souris quand j'ai besoin de la remorque ou bien de récupérer du matériel pour partir en rando, en camping ou pour que mes fils puissent prendre un duvet sans tout déranger et surtout ranger facilement par la suite.

Pour faciliter les choses, j'ai choisi de ranger le matériel par modules dans des malles métalliques et des sacs de voyages:



- Sacs a dos
- Sacs de couchage et matelas
- Sac de blousons
- Sac de vêtements
- Tente 9 place
- Outils : scie, hache, pelle, pioche, tire fort avec câbles et sangles, mallette avec outils de froissartage, outils divers, clous, vis, ficelle, gros scotch, corde, fil de fer…

Pour le module cuisine, nous avons de la nourriture pour 72 heures, de l'eau en bouteilles et en gourdes, des filtres a café pour la filtration (plus tard je vais acheter un filtre a gravité).

Réchauds, recharges de gaz, gamelles, couverts, assiettes, papier hygiénique, mouchoirs, sacs poubelles et aussi un sac de lampes frontales avec des piles de rechange, des briquets et des allumettes.



Une des malle métallique contient des sacs a dos, avec par exemple 1 sac de 70 litres pour moi et le matériel des deux petits, 1 sac par personne, 1 bidon a eau vide, et 1 harnais métallique pour porter des choses lourdes comme le bois, l'eau ou même une personne blessée…







Pour le module couchage, une malle contient les isolants pour le sol, les duvets et les couvertures en laine.
Sur la remorque, et en plus de la tente, j'ai sanglé une grande bâche de 15m par 12m pour faire un abri.




Et pour finir, j'ai toujours un kit d'urgence dans le véhicule avec un minimum.


Lien internet : La remorque d'evacuation

Galette de sarrasin sans électricité avec pesto d'ortie et noix

  https://www.youtube.com/watch?v=-siM1AVqB2g